Cet article est un écho à une question d’une soumise débutante sur fetlife.
Car la question revient régulièrement et je pense opportun de créer un endroit pour récapituler quelques grandes idées.
Soumise débutante
Je suis 100% débutante.
Souvent, ces questionnements arrivent chez des jeunes, mais pas toujours ! Un article pour commencer : Comment entamer une relation BDSM
« Que faire quand mon maitre a très très souvent envie et moi moins ? Quand savoir s’il faut dire non ou accepter, se forcer ou refuser ? »
C’est une question légitime, et très fréquente. (à titre personnel, je serais curieux de savoir combien de fois ceux qui évacuent la question par « s’il te prend alors que t’as pas envie, c’est du viol ! » ont forcé leur partenaire psychologiquement, ou on fait semblant de ne pas voir qu’elle n’avait pas envie).
« Accepter, se forcer, refuser »
Un triptyque compliqué, mais néanmoins bien résumé. Dévellopons !
- Commençons par la fin : refuser. Si pas d’envie, des soucis, des tracas, ou simplement vraiment pas de désir : il faut refuser. Se pose alors la question du comment, à laquelle il est compliqué de répondre. Dire que l’on n’a pas envie doit suffire.
- Je placerai ensuite accepter et se forcer ensemble. Il me parait que c’est un continuum qui dispose d’une palette large : on peut décider d’avoir un rapport sexuel avec ou sans pénétration, d’être soumise ou pas, d’avoir mal ou pas. Désolé, mais pour moi, tu peux choisir, en le faisant savoir ou pas, de te forcer pour lui faire plaisir. Les risques existent : on peut en vouloir à l’autre de s’être servi, alors que vous n’aviez pas envie, lui ne comprendra pas pourquoi, car vous vous êtes laissée faire. Cela peut empirer la situation, à ajouter du dégoût à l’acte et détruire encore un peu plus l’envie. Néanmoins, j’ajoute quelque propositions, à la lisière des deux mondes : le sucer, ou le branler, l’autoriser à se faire jouir sur ton visage, tes seins, tes fesses. Cela peut être rapide, et diminuer la pression, assouvir son envie. L’implication est variable. Il est aussi possible de lui dire que là, tu n’as pas envie, mais que tu acceptes de te laisser porter : l’appétit vient en mangeant. Il convient alors à monsieur d’accepter ce cadeau, de te donner du plaisir, et de te donner envie d’en avoir plus.
Je replace, quand même, notre article sur le BDSM sain et consensuel
Je me souviens d’avoir lu un conseil d’une sexothérapeute disant qu’en cas de manque de désir dans un couple, on pouvait décider de faire l’amour à un moment précis, à un rendez-vous donné. Recréer de l’intimité.
La bonne soumise
Est-ce que refuser et ne pas avoir envie d’une session BDSM, de sexe ou de me soumettre remet en question le fait que je sois soumise, ou est-ce normal ?
Tu es ce que tu as décidé d’être : c’est, sauf à la marge, à prendre ou à laisser.
C’est valable pour les moments de sexe, mais également pour les pratiques lors de ces moments (concernant les pratiques il y a les checklists BDSM qui peuvent être utile).
Et tu peux avoir envie d’être soumise -parfois- mais pas tout le temps, et il faut le faire savoir. Il est nécessaire, d’une manière générale, de discuter de ce que tu veux et de ce qu’il veut. Si tu trouves que tu es trop souvent soumise, cela nuit à votre relation, et aux moments même où tu es soumise. La pose du collier peut constituer un signal de début de soumission, et de fin. Certaines choses peuvent être récapitulées dans un contrat BDSM pour ceux qui veulent.
Tu peux aussi vouloir des câlins, sans sexe.
On baise ?
J’ose aller jusqu’à un autre domaine de l’envie : le temps disponible. D’une manière caricaturale, es-tu la femme qui fait absolument tout à la maison et lui, il reste avec son téléphone à se gaver de porno ? Cela créé, assurément, une différence majeure, tu serais fatiguée et pas très disponible, et lui le système hormonal sur-stimulé. « Chéri, et si tu arrêtais de regarder autant de porno ? Ou alors, tu te débrouilles avec ton excitation » sera peut-être une discussion à avoir, tout comme celle de la répartition des tâches ménagères. Comme je le dis parfois sous le ton de l’humour « le meilleur préliminaire ? Ranger la maison, faire la vaisselle, lancer et tendre une machine ! »
Le safeword
Le mot de sécurité est une bonne idée… Sauf que, il retourne la charge de la responsabilité uniquement sur la personne soumise. A priori, en débutant et même après on n’arrive pas à savoir quoi faire à certain moment, le mot de sécurité te permettra de ne pas avoir à formuler cette absence d’envie, mais ne t’aideras pas à gérer ta culpabilité (parce que si, tu en auras à tort ou à raison), ni la frustration de ton dominant qui est ton conjoint. Il sert souvent d’excuse à des doms, d’une manière ou d’une autre « tu n’as pas utilisé ton SW, donc tout va bien, et si ça ne va pas et que tu ne l’as pas utilisé, c’est ta faute. »
Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire ou nous rejoindre sur le forum.
Dans nos pages « journal d’une soumise », vous verrez souvent comment nous fonctionnons.